| Août 2010 | ||||||||||
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Je me rappelle de cette nuit noire, sans lune. J’ai quatre ans. Tumulte, course ou
plutôt poursuite. Il me pourchasse ! Je cours, ignorant le mal que j’endure aux jambes.
Elles cèdent et il m’attrape. Me voilà prisonnière du fantôme Punjabi ! Il salive sur mon front.
J’ouvre les yeux. Où suis-je ? Dans une maison hantée ? Dans son estomac ? Non, je suis dans ma chambre. Et la salive ? Ce ne sont que des gouttes de sueur. J’ai cauchemardé.
Ho, j’ai peur. Cette peur m’oppresse. Je tremble. Je pleure. Maman ! Maman, j’ai besoin d’un biberon bien chaud, bien sucré ! Le seul remède.
Mais rien ! Maman ? Maman ?!
Jamais, je ne me suie sentie aussi fragile et sans défense.
Qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce que le fantôme a pris ma maman ? Non, non ! Pourquoi ma maman ? … Je pleure toutes les larmes de mon corps. Mais… et mon papa ?
A-t-il été pris lui aussi ? Papa, papa ? Tu es là ?
Je suis sur le point de l’appeler quand… Vlan… la porte s’ouvre en grand. Clic… la lumière s’allume…
Elle m’aveugle. Je me suis habituée à l’obscurité. J’arrive enfin à ouvrir les yeux. Devant moi, se tient mon père, furieux….
Aujourd’hui, je repense à cette peur qui m’a rongé l’âme, serré le cœur, paralysée. Et à mon père, qui, au lieu de me réconforter, a ajouté du sel à mes plaies.
Quant au biberon, celui-là, je ne l’ai jamais eu.
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