| Août 2010 | ||||||||||
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En ce temps-là je détestais mon atelier. Une odeur de fumée mêlée à une odeur de pluie régnait en permanence. Mes voisins étaient bruyants ce qui faisait que ce n’était jamais calme. Parfois, on entendait des bruits de vaisselle qui se cassait sur le sol. On pouvait aussi percevoir des cris qui provenaient d’une femme sans arrêt battue par son mari. Comme j’avais peu de moyens, je subissais de nombreuses coupures d’eau et d’électricité, mais heureusement la lune m’éclairait pendant mes lectures nocturnes. Bien évidemment sans lumière, je trébuchais régulièrement sur mon matériel de peinture et mes rideaux déchirés. Mon atelier était désordonné, sordide et lugubre et je n’avais pour seule compagnie que mon chien, mon chat, mon perroquet et, sans surprise, quelques rats et quelques cafards.
Sur une commode du XXe siècle, située près de l’entrée, se trouvait un tableau. On pouvait y voir une femme assise et vêtue d'une robe blanche tachée de sang. La femme était pâle, arborait un sourire aux lèvres et tenait ses mains croisées. Son nez ressemblait à un museau de loup, ses oreilles étaient pointues et un peu poilues. Je distinguais aussi du sang sur ses mains et sur sa bouche. À côté d’elle se trouvait un pot de roses rouges, très fanées. Cette femme me semblait quelque peu étrange, elle dégageait une impression de terreur et son regard noir me glaçait le sang.
Tout à coup sa robe se déchira pour laisser place à une fourrure brune et ses ongles devinrent des griffes. Elle sortit petit à petit du tableau qui, lui, se mit à rétrécir de plus en plus. Pendant ce temps, j’essayais de trouver un endroit pour me cacher. Quelques minutes plus tard, elle fut totalement en dehors du tableau. Pour finir, elle se transforma en une petite statuette en forme de loup.
Je ne comprenais toujours pas ce qui venait de se produire devant mes yeux. Peut-être mon esprit me jouait-il des tours ? Impossible d’en être sûre. Soudain,la statuette bougea et se posa près du tableau devenu aussi petit qu’une boîte d’allumettes. A ce moment-là, mon sang ne fit qu’un tour. Pendant quelques instants je restais paralysée et tout à coup je m’évanouis.
Alors que je vivais ces atroces moments, un voleur s’était introduit dans mon atelier et avait assisté à toute la scène. Il appela la police qui arriva une heure plus tard, au lever du soleil. L’homme témoigna de ce qu’il avait vu et moi, réveillée par les lumières et les hurlements de la police, je témoignai de la même chose. La déposition avait été jugée irrecevable parce qu’elle avait été racontée par des personnes folles. C’est pourquoi le voleur et moi-même, nous fûmes aussitôt placés dans un hôpital psychiatrique. Le tableau lui disparut dans un mystérieux incendie dont personne ne connut jamais la cause.
Ainsi, en ayant acheté ce tableau, n’aurais-je pas dû réfléchir avant d’agir ? Je pense que oui.
Nelly D. 4°