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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /2010 14:38

      thomas.JPG

   J’aimais beaucoup mon atelier, sympathique avec ses odeurs de peinture qui m’étaient familières, et sa faible lumière éclairant mes œuvres. En entrant dans mon atelier, je voyais mon bureau contre le mur de gauche, sur lequel était allumée une lampe à pétrole. Ce bureau, je l’avais acheté quelques années plus tôt. J’y déposais mes crayons, mes feuilles… En face se trouvait mon lit surplombé d’une petite fenêtre éclairant à peine ma chambre. À droite était placé mon lavabo grâce auquel je me débarbouillais chaque matin. Mon chevalet, dos au mur où s’ouvrait ma porte, était mon seul moyen de gagner de l’argent : j’y dessinais mes œuvres pour ensuite les vendre au marché. Enfin, une petite pendule se trouvait au-dessus de mon lavabo.

        Ce tableau avait vraiment un air lugubre. On y voyait un homme au regard glacial et funeste. Il se tenait debout, les bras tombant le long du corps et il était squelettique. Il se trouvait près d’une chaise sobre. La pièce était sombre, éclairée à peine par une petite fenêtre donnant des lueurs vertes. L’homme portait un smoking noir et des chaussures en cuir de la même couleur. Ce tableau m’effrayait, mais à la fois me fascinait.

      Ce soir-là, j’étais en train de contempler cet étrange tableau que j’avais acheté au marché quelques heures plus tôt. Il était tard et, un peu  fatigué, je me mis dans mon lit avec mon livre favori. Soudain, j’entendis un bruit venant de la porte.  Je me levai pour aller vérifier la fermeture. Elle était pourtant bien fermée. Je me retournai pour retourner de mon lit, mais m’arrêtai en route : le personnage du tableau avait disparu. J’entendis alors un bruit derrière moi. Je craignis le pire. Je me retournai. L’homme du tableau se trouvait derrière moi.

      Il se trouvait juste dans mon dos. Tout d’abord, ma première réaction fut de crier. Évidemment, personne ne m’entendrait, je me trouvais au grenier. Tout en continuant à hurler bien que cela ne servit à rien, je courus comme un dératé dans tous les sens à travers mon atelier, mais lui me suivit partout comme une ombre. C’est alors que je me rendis compte que j’étais bloqué dans un coin de la pièce. Il fondit sur moi. Je me pétrifiai…

      Je me crus condamné. Mais soudain, alors que je pensais être déjà mort, rien ne vint. J’ouvris les yeux. Je réalisai que ce n’était plus l’homme du tableau que se tenait devant moi mais mon ami George, un masque à la main. «  Joyeux premier avril !» me lança-t-il, un sourire aux lèvres. Je me sentis honteux. Et dire que j’y avais cru ! Il avait en fait remplacé mon tableau par un tableau identique, mais sans placer l’homme à l’intérieur. Il m’expliqua que le peintre du tableau avait fait des études préparatoires du tableau. Mon ami s’était procuré celle où seul le décor apparaissait. Il avait revêtu un déguisement pour incarner l’homme du tableau. Nous rigolâmes finalement en chœur en repensant à cette histoire.

      Ainsi ne faut-il pas croire que les mauvais esprits sont réels, surtout un premier avril !

 

Une nouvelle fantastique rédigée par Thomas T.

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