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Vendredi 20 novembre 2009 5 20 /11 /2009 17:11

Quand le rêve devient réalité et que le passé se confond avec le présent, le futur n'existe plus, rien n'a plus d'importance excepté le moment présent.
Je me nomme Julie, j'ai 67 ans.
Je suis née en 1942, durant la Deuxième Guerre mondiale, au cours de laquelle mon père mourut.
Des mystères entouraient ma naissance. Longtemps, ma mère me raconta des histoires fabuleuses sur la façon dont était mort mon père.
C'était un homme fort, à la carrure impressionnante, qui n'a pas hésité à attaquer l'ennemi et qui est mort en héros. Je suis remplie de fierté quand on prononce son nom. C’est pourquoi je suis une passionnée d’histoire, et que je rêve chaque nuit de partir dans ce fameux cimetière où sont enterrés tous les soldats morts pour la France lors de la Deuxième Guerre mondiale.
Aujourd’hui ce rêve devient réalité.

J’entre dans le cimetière, j’aperçois les tombes toutes blanches et alignées. Il fait froid, je resserre mon manteau sur mes épaules. Mes jambes refusent de bouger.

Est-ce la peur ? Le froid ? Ou alors cette boule qui s’est formée dans mon ventre ?

Mon cœur bat la chamade tandis que je regarde les tombes une à une. J’avance, lentement, au milieu des rangées, absorbées par mes pensées.
Au même moment, dans ma tête, repassent en boucle, toutes les histoires que me racontait ma mère sur mon héros de père, et tout ce que je sais sur la violence des combats. Les larmes me montent aux yeux, sans que je puisse me retenir.

Savoir que je suis aussi proche de lui me remplit d’excitation et de joie.
Au bout de ce qui me paraît être une heure, je vois sur une tombe, le nom tant recherché, gravé à même la pierre : STANISLAS DECOURBEL.
Mon vieux cœur rate un battement, je tombe à genoux devant ces lettres. Une sensation d’intense bonheur envahit ma poitrine. Je fonds en larmes sur la tombe de mon bien-aimé père, heureuse de l’avoir retrouvé.

Quand je repense à ce moment précis de ma vie, je ne peux m’empêcher de verser quelques larmes. Simplement parce que j’ai réussi à le retrouver avant ma propre mort.
Je suis restée ainsi, je crois pendant plus de deux heures, respirant l’air frais du soir, l’odeur de la terre, écoutant le silence autour de moi.

Puis je me levai et partis chez moi.
C’était l’instant le plus intense de ma vie, il ne me quitta plus de l’esprit par la suite.       

Publié dans : Auto-fiction 3° - Voir les 0 commentaires
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