| Août 2010 | ||||||||||
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J’avais toujours aimé mon atelier. Il était très modeste, mais bien arrangé. J’avais placé la peinture sur une étagère ainsi que quelques toiles et une dizaine de pinceaux. Le tapis sur lequel je dormais était dans un coin de la salle. Le jour, l’éclairage était satisfaisant grâce au plafond vitré que j’avais tout de suite apprécié le premier jour où j’étais rentré ici.
L’odeur de la peinture se mêlait à l’odeur du rhum. Les voisins étaient des grands fans de « Tektonic » et ils mettaient la musique très forte. Le soir, le lampadaire d’en face suffisait pour éclairer la petite salle.
Le tableau en face de mon tapis exposait un pirate très célèbre nommé « Billy Bones ». L’homme possédait un pistolet à crosse jaune ainsi qu’un chapeau rouge fonce, une ceinture noire et s’appuyait sur une béquille en bois. Il portait aussi une large veste et un pantalon rouge. Au second plan, se tenaient des fantômes de matelots armés.
Alors que je commençais à m’endormir, je vis soudain les yeux du pirate me regarder avec un air horrible. Je détournai la tête puis revins au tableau, et les yeux avaient disparu. Je me retournai encore et j’aperçus ses yeux qui me fixaient. Je clignai mes yeux et de nouveau, plus rien. J’aurais juré distinguer quelque chose, mais ce n’était pas le cas. Je devenais dingue.
Immédiatement, mille idées envahirent mon esprit. J’étais perplexe. Je ne savais pas ce que j’allais devenir. J’avais peur. Je regrettais d’avoir acheté ce tableau en connaissant l’histoire de Billy Bones, qui était emprisonné dans un tableau semblable à celui-ci.
La légende disait qu’un jour il échapperait de sa prison et devrait tuer une personne pour s’y incarner et pour gagner son immortalité.
Soudain, sans crier gare, je vis de la fumée sortir du tableau. En même temps, j’entendis sonner douze coups : il était minuit.
Brusquement les yeux du pirate m’envoutèrent et je sentis une douleur féroce envahir tous mes membres. Billy Bones s’était libéré. Je remarquai le tableau, en flammes, puis je m’évanouis.
Le matin venu, j’étais sur mon tapis. J’essayai distinguer un changement dans ma petite chambre puis j’observai le tableau, mais je ne remarquai rien, pas la moindre brûlure. Tout était normal. Il était neuf heures.
Ainsi, il ne faut trembler que l’on ne voie sa tête à ses pieds.