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LE PETIT EN CAS

LE PETIT EN CAS

Un blog pour les élèves ! Vous trouverez ici vos textes, anonymés, vos enregistrements audios...certaines de vos affiches... mais aussi des liens pour travailler mieux et plus vite... Un blog pour vous et qui mettra en valeur votre talent ! Collège et Lycée Jacques Prévert ACCRA GHANA

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Pourquoi pas moi ?

                  Pourquoi pas  moi ?

              Je m’appelle Bintou Sangaré. Je vis à Bingerville avec mes grands-parents et mes cousines. Je vais à l’école de l’autre côté de notre maison.

Tous les matins, je me lève vers 5 h 30 pour aller puiser de l’eau pour permettre à ma famille de se laver.

Après le bain, les  grands-parents nous forcent à prendre un comprimé de nivaquine. Ils disent que c’est bon pour la santé. Sur le chemin de l’école, je vois les gens parler, rire, partager leurs projets. Moi j’en ai un aussi ! Je veux partir en France et rejoindre mes parents.

Ils viennent me voir tous les cinq mois, et m’apportent beaucoup de cadeaux, mais je n’ai jamais mis les pieds dans un aéroport.

              Ils disent que c’est magnifique, que les gens sont riches là-bas, que c’est la capitale de  la mode. Je peux le voir aussi lorsque je regarde les films français. Les gens sont propres, il n’y a pas de saleté, pas de bidonvilles. Il paraît même que les enfants sont libres de faire ce qu’ils veulent et qu’on ne les frappe pas l’école alors que nous, ici, dès que tu dis  « monsieur ! » c’est un coup que tu reçois ou parfois vingt ! La France pour moi c’est le paradis sur terre !

               Un mardi matin, mes grands-parents m’ont annoncé que je devais voyager, car mes parents avaient besoin de moi ! Imaginez ma joie !

Voilà que j’ai envie de grimper sur le plus haut  arbre et de crier à tout Bingerville (1) que je vais enfin en France. Ma joie est tellement grande que je ne sais comment l’exprimer. Dans une quinzaine de jours, je pourrai enfin monter dans un avion, voir des blancs, les côtoyer, sentir les fleurs, la liberté !

               

Arrivée à l’aéroport d’Orly, il faisait très froid, les gens me regardaient bizarrement, mais j’étais tout simplement heureuse. L’odeur et l’air étaient purs, sentaient la fraîcheur, le nouveau ;  les rues étaient belles et fleuries. On distinguait bien d’un quartier à l’autre grâce aux panneaux de direction .                                                                                                                                                                                                     Une fois chez mes parents, je me suis posé deux fois la même  question.

Était-ce vraiment leur maison !?

Ce n’était qu’un petit logis entrée-couché très sale, en tous cas ce n’était pas ce à quoi je m’étais attendue.

Le cinquième jour, je remarquai qu’il n’y avait pas d’ambiance. Les Français n’étaient pas ouverts, de plus, il faisait froid.

Je me sentais trahie, car ce n’était pas ce qu’on m’avait dit, ni ce que je  voyais à télévision. Mes amis me manquaient énormément. J’avais envie de repartir en Côte d’Ivoire dans mon quartier Bingerville.

(1) Ville de Côte d’Ivoire

Publié le 10/11/2009 à 18h38 dans Auto-fiction 3°

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